Mes dernières observations du Comité de l’urbanisme et du conseil

Mes dernières observations du comité d’urbanisme le vendredi 17 novembre

Il est essentiel de commencer par dire que l’Armée du Salut est un fournisseur de services grandement apprécié et établi de longue date à Ottawa, au Canada et dans le monde entier. Le travail de l’Armée du Salut est nécessaire et je suis convaincu que tout le monde en convient.

Toutefois, j’ai d’énormes inquiétudes par rapport au projet de l’Armée du Salut, et beaucoup d’autres personnes ont fait écho à mes craintes. Je ne crois pas qu’il convient au quartier. Je ne crois pas qu’il convient à une rue principale et ne crois pas qu’il s’inscrit dans les politiques approuvées par le Conseil ni dans les buts du plan décennal de la Ville en matière de logement et de lutte contre l’itinérance.

Malheureusement, ce projet ne fait pas avancer la discussion et il n’améliore pas le sort des résidents les plus vulnérables de notre ville. En tant que capitale nationale, nous épousons les attentes d’autres villes qui voient en nous un chef de file en matière d’innovation et de pratiques exemplaires.

Selon les données de l’Étude sur les quartiers d’Ottawa, c’est dans Vanier que le niveau de revenu moyen est le plus bas de la ville. Nous savons que la prospérité et la santé des collectivités reposent sur des milieux à revenus mixtes et ce projet d’aménagement ne ferait qu’accroître la disparité et la stigmatisation d’un secteur de notre ville déjà très vulnérable. En outre, pour les personnes qui ont investi dans Vanier, autant les entreprises que les propriétaires, ils ont droit à la prévisibilité de leurs investissements en vertu du Plan officiel de la Ville.

L’Armée du Salut a fait savoir clairement qu’elle avait choisi Vanier à cause des nombreux besoins du quartier. En tant que conseiller du quartier Vanier, je travaille tous les jours pour améliorer ma communauté comme vous le faites dans les vôtres.

Effectivement, il y a certaines difficultés dans Vanier, je ne feins pas de l’ignorer, et présentement nous faisons face à de très réels problèmes sociaux. Pour que tout soit bien clair, quand je parle de Vanier, je ne parle pas de la circonscription Ottawa-Vanier (laquelle comprend les quartiers de Tim et de Tobi). Je ne parle pas non plus de tout mon quartier, mais plutôt des limites de la vieille ville de Vanier. Dans la foulée de la confusion semée par le projet de l’Armée du Salut, il est important de rappeler aux gens quelles sont ces limites: au nord, l’avenue Beechwood Nord; au sud, la rue Donald; à l’est, la rue de l’Église (Tobi me pardonnera ce léger débordement dans son quartier); et à l’ouest, la rivière des Outaouais. En tout, environ 1,6 km2 (1 mille carré).

Les problèmes auxquels nous faisons face sont la prostitution, la consommation de drogues, les besoins de nos communautés autochtones et inuites et les nombreuses familles sans-abri qui demeurent très à risque.

La question que je pose à l’Armée du Salut est la suivante: comment son projet remédiera-t-il aux problèmes dans Vanier?

Chers collègues du Conseil, vous avez entendu près de 200 délégations ces derniers jours. Je veux vous remercier de l’attention que vous avez portée à ce dossier et de votre présence pendant ces longues journées. Les délégations ont mis en relief de nombreux aspects à considérer pour soit approuver soit rejeter la proposition. Je suis profondément reconnaissant envers mes collègues du Comité de l’urbanisme et du Conseil municipal, pour qui ce débat est important, qui ont assisté aux rencontres cette semaine. Ils ont accordé du temps et de l’attention aux résidents de notre ville qui ont pris le temps de nous donner leur opinion sur ce rapport d’une grande importance.

Voici, de mon point de vue, comment l’Armée du Salut aurait pu planifier son projet d’aménagement afin qu’il s’inscrive dans les objectifs de la Ville et reçoive l’appui du milieu :

  1. Organiser un forum à l’échelle du secteur afin d’évaluer le service actuellement fourni par l’Armée du Salut et d’examiner les besoins futurs du milieu.
  2. Travailler en collaboration avec la Ville, les responsables de l’Étude sur les quartiers d’Ottawa, PCO, SPO, AMTI et d’autres organismes communautaires afin de valider les résultats.
  3. Présenter, avec l’appui de tous les partenaires du secteur social et du secteur du logement, un plan stratégique Armée du Salut et Ville d’Ottawa reflétant ces objectifs.
  4. Mettre au défi des architectes locaux afin de concevoir des espaces permettant d’atteindre ces objectifs.
  5. Mettre au défi le gouvernement, les propriétaires fonciers et les mécènes de présenter des projets d’aménagement et des endroits aptes à répondre à ces besoins futurs et implanter le concept architectural sur plusieurs terrains.
  6. Procéder puisque les terrains présentés et la vision auraient été validés par l’ensemble de la collectivité.

Plutôt, l’Armée du Salut a choisi l’option la plus controversée, la plus chère et la plus conflictuelle.

Comme l’ont mentionné le président du Comité et l’avocat de la Ville au début de la séance de ce comité, ce N’EST PAS un choix entre un centre communautaire et le statu quo. Plutôt, les questions auxquelles doivent répondre aujourd’hui les membres du Comité de l’urbanisme sont les suivantes :

  1. Croient-ils qu’une rue principale traditionnelle est un endroit approprié pour y aménager un refuge?
  2. Croient-ils que le Plan officiel de la Ville, le Plan secondaire et les résultats de l’étude sur le Règlement de restriction provisoire de 2008 sont pertinents?
  3. Croient-ils que la taille et la portée du projet conviennent au chemin de Montréal?
  4. Et honnêtement, croient-ils que le demandeur a suivi les étapes de planification appropriées dans la perspective de l’aménagement du territoire d’une ville?

Je voudrais mettre en relief pour les membres du Comité de l’urbanisme la signification de voter NON aujourd’hui.

En votant NON, cela ne signifie pas que vous n’appuyez pas l’Armée du Salut; nous appuyons tous le travail et les efforts déployés par l’Armée du Salut.

En votant NON, cela ne signifie pas que vous êtes contre le modèle de centre d’hébergement.

Un NON signifie une ou plusieurs des choses suivantes :

  1. Vous croyez que ce projet n’est pas une utilisation appropriée du bien-fonds en question.
  2. Vous croyez que l’utilisation proposée n’est pas appropriée pour une rue principale.
  3. Vous croyez que la proposition n’a pas respecté le processus de consultation publique.
  4. Vous croyez que la portée et l’envergure de ce projet ne conviennent pas à ce site.
  5. Vous croyez qu’on n’a pas suffisamment réfléchi à l’impact de ce déménagement sur la santé et l’équilibre de la collectivité environnante.

Enfin, voter non n’est pas la fin. Cela suspend simplement le projet d’aménagement de l’Armée du Salut afin de trouver d’autres endroits et approches possibles. J’ai toujours été ouvert et prêt à rouler mes manches pour travailler avec l’Armée du Salut, la Ville, les gens du quartier et avec vous pour trouver une solution que tout le monde appuierait.

Pour toutes ces raisons, je vous demande avec instance, chers collègues, de voter contre la proposition devant vous aujourd’hui, car elle renforce les déséquilibres dans mon quartier, elle n’est pas arrimée aux objectifs d’aménagement approuvés par la Ville ni aux objectifs stratégiques approuvés par notre Conseil et enfin, elle ne reflète pas la vision de la Ville à l’égard des résidents les plus vulnérables d’Ottawa. Si vous êtes sans-abri, c’est d’un chez-soi que vous avez besoin. Bien sûr, vous aurez peut-être besoin de services, mais cela ne signifie pas qu’il faille institutionnaliser nos résidents les plus vulnérables dans un seul et même endroit.


Je veux commencer en remerciant les résidents du quartier, qui sont venus en nombre record au Comité de l’urbanisme la semaine dernière pour former un front uni contre la proposition de l’Armée du Salut.

Vanier est fort, Vanier est uni, et peu importe le résultat du vote aujourd’hui, Vanier va gagner… Souvenez-vous de Montfort.

Vanier a obtenu beaucoup de soutien. Je veux particulièrement remercier les gens de la Basse-ville, qui ont eu le bon sens de s’opposer à cette proposition pour ne pas reproduire les problèmes qui touchent aujourd’hui le marché By.

Nous sommes ici parce qu’un refuge ne fait pas partie des utilisations permises à l’emplacement proposé. Les refuges ne sont pas permis sur nos rues principales : c’est clairement indiqué dans notre Plan officiel. Cette option n’a pas davantage été considérée dans le plan secondaire pour le chemin de Montréal (approuvé en 2014).

Il est malheureux que cette proposition se soit rendue jusqu’à un vote en matière d’aménagement du territoire. On s’attendrait à mieux de la part d’une organisation dont l’objectif est d’aider les membres les plus vulnérables de notre société, une organisation qui est financée par le gouvernement et les dons du public. L’Armée du Salut aurait pu choisir un site sur lequel un refuge est permis : il y en a plusieurs dans notre ville. Nous ne trouverions pas alors dans cette position.

Elle a décidé d’aller de l’avant avec l’approche la plus controversée et la plus coûteuse, celle qui divise le plus l’opinion.

La proposition de l’Armée du Salut implique un investissement considérable, une dépense immense pour cette organisation, et qui coûterait cher à la Ville, année après année, pour appuyer un modèle désuet.

En 2016, la Ville d’Ottawa a consacré 4,6 millions de dollars de plus que prévu pour soutenir des refuges. Ce modèle draine nos ressources. En comparaison, investir dans une solution durable, comme des logements sociaux, ne semble plus si coûteux.

Je crois qu’il est important, comme administration, d’être ouvert et transparent, d’indiquer clairement où se trouvent les problèmes. Bien que nous ayons fourni un toit à 350 sans-abri chroniques dans 8 logements en milieu de soutien bien répartis sur le territoire de la ville, il faut reconnaître que l’investissement dans le logement en milieu de soutien doit augmenter si on veut voir le recours aux refuges diminuer.

Lorsque le Conseil a approuvé le Plan décennal de logement et de lutte contre l’itinérance, il y a sept ans, plusieurs d’entre vous étaient présents et ont entériné cette décision. Nous savions tous très bien que l’objectif était de décentraliser, puis de fermer les refuges.

Rappelons ce que cet objectif implique : fermer des refuges pour investir dans les projets de logements spécialisés, comme ceux présentés par The Ottawa Mission et les Bergers de l’espoir, qui sont en train de décentraliser leurs services, comme les résidences Oaks sur le chemin Merivale, Hope Living de Kanata et LifeHouse au centre-ville, etc. La décentralisation permet l’apparition de nouveaux modèles. Il était prévu que la fermeture des refuges se fasse naturellement, au profit de nouveaux services décentralisés.

Un vote contre la proposition aujourd’hui n’exprime en aucun cas un doute au sujet de l’Armée du Salut ou même de ses services. Le risque d’institutionnaliser une population est sérieux. La question qui se pose en est une de zonage. Il est surtout clair qu’aucun plan, approuvé par le Conseil, ne permet ce type d’usage sur une rue principale.

Affirmer que cette proposition ne contient que 140 lits d’hébergement est malhonnête et insultant. Un refuge, selon la définition de la Ville, est un établissement qui fournit un hébergement temporaire à des personnes qui ont immédiatement besoin d’un refuge provisoire et d’une aide alimentaire et qui offre, le cas échéant, des services de soins de santé, de counseling et de soutien social connexes.

Voilà précisément ce qu’offre le projet du 333 chemin de Montréal : un hébergement temporaire. Ce projet n’offre un foyer à aucune des personnes qui occuperaient un de ses 350 lits. Leur utilisation est par nature temporaire et ne peut se rapporter à aucune autre catégorie que celle d’un refuge.

L’administration est d’accord avec plusieurs éléments importants du rapport de 2008 : la limite de 4 refuges dans le quartier 12 ainsi que la distance nécessaire entre les refuges (à la page 9 du rapport d’urbanisme).

Cependant, ce qu’on refuse de reconnaître, c’est qu’il y a actuellement 12 refuges dans le quartier 12. Il y a deux motels sur le chemin de Montréal qui ont des ententes avec la Ville pour agir comme refuge pour familles, en plus des 6 refuges qui s’occupent des femmes fuyant une situation de violence.

Aucun délégué soutenant le projet n’a pu expliquer pourquoi l’emplacement sur une rue principale traditionnelle était l’approche à privilégier. Bien sûr, les opinions diffèrent au sujet du modèle, bien qu’on nous ait dit que cette question dépassait le mandat du Comité de l’urbanisme. Cependant, rien n’a été présenté pour justifier l’installation de 350 lits d’hébergement sur une rue principale.

Mon quartier est celui qui a le plus faible taux de revenu de la ville. Nous parlons souvent, au Conseil, de l’importance de la diversification économique et démographique. Le problème ne concerne pas seulement les plans d’urbanisme, il se trouve aussi au niveau social. Vanier a beaucoup progressé, les initiatives de Prévention du Crime Ottawa y ont beaucoup contribué, mais nous demeurons à risque.

Les rues principales sont l’âme de nos collectivités. Les habitants de Vanier ont dû travailler fort pour se débarrasser de la mauvaise réputation de criminalité qui les suivait depuis les années 1990. La diversité augmente, mais rien n’est encore acquis à ce chapitre. Beaucoup d’efforts et de soins sont nécessaires, et il faut commencer par se soucier du chemin de Montréal.

Mon quartier n’a pas peur d’accueillir des services sociaux et communautaires, ainsi que leurs fournisseurs. Nous en avons déjà plusieurs, notamment les 8 modèles de logements en milieu de soutien récemment construits par la Société John Howard – construits sans aucune opposition, pourrais-je ajouter – qui hébergent 42 hommes du réseau des Bergers de l’espoir.

Nous craignons qu’une trop grande concentration de la pauvreté nuise à la réintégration salutaire de potentiels membres actifs de notre société.

Chers collègues, soyez courageux. Un NON ne constitue pas une fin de non-recevoir; cela nous permet simplement de mettre la proposition de l’Armée du Salut sur pause afin de considérer d’autres options d’emplacement et d’autres approches. Ma porte a toujours été ouverte pour l’Armée du Salut. J’ai toujours été prêt à collaborer avec elle, avec la Ville, avec les communautés, et avec vous pour en arriver à une solution qui convient à tout le monde.

J’envisage le statu quo comme une option à court terme seulement, qui nous permettra de collaborer avec l’Armée du Salut pour décider ensemble de la meilleure manière d’utiliser ces 50 millions de dollars.

Ce dont les sans-abri ont besoin, c’est d’une maison. Bien sûr, il leur faut aussi des services, mais cela ne veut pas dire que nous devrions cantonner nos citoyens les plus vulnérables en un seul lieu institutionnel.

Merci.