Pourquoi nous nous opposons au projet d’aménagement de l’Armée du Salut au 333, chemin Montréal

En tant que communauté, nous nous opposons au déplacement des services de l’Armée du Salut sur le chemin Montréal. Ne confondons pas cette opposition pour un manque d’intérêt à aider nos membres les plus vulnérables de la communauté, car les deux ne sont pas incompatibles. Collectivement, nous reconnaissons l’importance de soutenir ceux qui ont besoin d’aide, mais nous sommes d’avis que l’approche employée par l’Armée du Salut pour les soutenir doit évoluer. Déplacer le carrefour de service et le refuge actuels de la rue George dans un nouveau bâtiment entraînera les mêmes défis et résultats. Pour aider nos résidents les plus vulnérables, nous devons innover et offrir des services décentralisés, fondés sur les études et les pratiques exemplaires.

Comme de nombreux résidents de Vanier et d’ailleurs dans la ville, je suis très préoccupée par la proposition de l’Armée du Salut d’établir une nouvelle installation au 333, chemin Montréal. Voici certains éléments importants dont il faudrait tenir compte :

Le maintien du statu quo n’est pas une option

 Le Centre Booth d’Ottawa ne peut pas demeurer sur la rue George. Ce n’est plus sécuritaire pour les membres les plus vulnérables de notre population et les employés de l’Armée du Salut. La forme bâtie actuelle comporte des problèmes majeurs. C’est une vieille école transformée en refuge et en multiples logements, et la gamme d’autres services ne fonctionne tout simplement plus. Il y a aussi des problèmes de sécurité. Une concentration de services incompatibles et des normes de logement des clients généralement médiocres témoignent de la nécessité d’effectuer des investissements dans notre ville. C’est illogique et contre-productif d’avoir des programmes de travail à long terme dans un refuge d’urgence et des services de réadaptation à proximité des consommateurs de drogue actifs. Nous devons guider l’Armée du Salut vers la décentralisation de ses services, car ces investissements pourraient entraîner une réorientation fondamentale à long terme.

Nous disons « Non » à lendroit choisi

Ne vous méprenez pas, nous accueillons avec plaisir l’annonce récente de l’Armée du Salut concernant un investissement de quelque 30 millions de dollars dans la ville d’Ottawa. Cependant, il importe de trouver le juste équilibre dans une communauté, et nous cherchons à apporter des améliorations clés dans le secteur de Vanier. Nous avons 19 zones d’amélioration commerciale (ZAC) dans notre ville qui sont chargées de représenter le milieu des affaires dans nos rues principales. Un refuge d’urgence ne s’harmonise pas actuellement avec les objectifs de ces rues principales. Il y aura du changement dans Vanier au cours des années à venir. La revitalisation du chemin Montréal en 2019 comprendra des réinvestissements dans les infrastructures comme de nouveaux trottoirs améliorés, des bancs, des luminaires, des arbres pour n’en nommer que quelques-uns. En 2014, lorsque la Ville a effectué un examen du zonage le long du chemin Montréal, le Plan officiel de la Ville n’envisageait même pas de permettre un refuge. Dans le cadre de sa proposition, l’Armée du Salut demande que le Plan soit modifié afin d’inclure un refuge. Bien que nous fassions des progrès dans Vanier, nous faisons toujours face à des défis associés à la santé mentale, aux drogues et à la prostitution. Nous avons une gamme de fournisseurs de services actifs pour aider les personnes les plus vulnérables. L’installation du 333, chemin de Montréal est située au cœur d’un quartier résidentiel et familial. Beaucoup de familles avec de jeunes enfants s’inquiètent pour leur sécurité ainsi que l’accès et la proximité du bâtiment. Bien que Vanier soit une communauté accueillante qui a travaillé fort pour apporter des changements positifs, je crois que l’Armée du Salut doit reconsidérer sa proposition et offrir une variété de services répartis dans toute la ville.

Nous devons nous conformer au Plan décennal de logement et de lutte contre litinérance d’Ottawa

En 2013, la Ville a adopté le Plan décennal de logement et de lutte contre l’itinérance d’Ottawa. Cette stratégie met l’accent sur la nécessité de faire en sorte que les résidents aient accès à un logement abordable et à des services de soutien tout en établissant des objectifs clés comme une solide collaboration entre les fournisseurs de services pour mettre fin à l’itinérance chronique. Grâce à sa conception, de nombreux fournisseurs de services ont déjà trouvé des façons de moderniser leur prestation de services afin de répondre aux besoins d’aujourd’hui et de demain. The Oaks, Hope Living, le projet de la rue Gardner, la Maison Fraternité sont quelques exemples d’installations offrant des services spécialisés un peu partout dans la ville qui ont réussi à offrir un logement accompagné des services de soutien nécessaires pour nos résidents les plus vulnérables.

 Il faut décentraliser les services

Un mégacentre comprenant 350 lits pour hommes seulement n’est pas un bon modèle à utiliser. Mettre les trafiquants de drogue, les toxicomanes en phase de rétablissement et les nouveaux arrivants dans la même zone centralisée ne peut que nuire à la communauté et à ses membres les plus vulnérables. Prendre la situation actuelle du Centre Booth de la rue George et la déplacer vers un quartier résidentiel ne fera qu’aggraver la situation. Les études et la pratique ont démontré que les modèles du « logement d’abord » et du logement avec services de soutien fonctionnent bien. Si une personne est sans abri, la première chose dont elle a besoin est un logement. Bien qu’elle puisse également avoir besoin de services en toxicomanie et en santé mentale, garder cette personne dans un environnement de refuge d’urgence est contraire aux pratiques exemplaires. En fait, les résidents laissés dans cet environnement ne s’améliorent pas, ne se stabilisent pas et n’accèdent pas aux services de soutien. Cette approche n’est pas efficace et est en réalité plus coûteuse. Il faut adopter des approches novatrices. Le modèle de l’Armée du Salut est dépassé. On ne peut pas se contenter d’aider des hommes dans un refuge d’urgence, il faut que ça change. Il faut mettre sur pied des équipes d’intervention familiale, des logements et des refuges pour les femmes et une intervention spécialisée pour les membres autochtones de notre communauté.