Réponse à la lettre de l’Armée du Salut datée du 15 juillet 2017

Le 21 juillet 2017

Monsieur Van Gulik,

Avant tout, je tiens à vous remercier de votre lettre datée du 15 juillet 2017, dans laquelle vous abordez plusieurs questions que j’avais évoquées dans ma lettre du 27 juin 2017.

Cette lettre et les autres remarques que vous avez formulées en public au nom de l’Armée du Salut m’amènent à croire que votre organisme a décidé de ne pas interrompre ou réexaminer la demande d’aménagement déposée à la Ville d’Ottawa concernant le nouveau centre de prestation de services d’hébergement d’urgence de grande échelle au 333, chemin de Montréal. Une fois de plus, je vous demande de reconsidérer votre proposition.

Comme je l’ai affirmé en public, j’estime qu’il y a lieu d’expliquer certains commentaires énoncés dans votre lettre quant à la façon dont cette proposition de déplacer le Booth Centre sur la rue George a évolué au cours des dernières années.

Laissez-moi commencer par déclarer en termes non équivoques que je moppose à cette proposition de déménagement au 333, chemin de Montréal, et que je my suis toujours opposé. Sur les plans théorique et pratique, je ne crois pas que ce site soit un emplacement approprié pour y aménager un centre de services de grande envergure.

Dans votre lettre, vous laissez entendre que l’établissement proposé ne vise pas à déménager les services actuellement offerts au Booth Centre. Bien qu’il soit destiné à devenir un nouveau centre opérationnel ultramoderne, selon la description publique qui en a été faite, et qu’il s’agisse d’un modèle éprouvé ailleurs en Amérique du Nord, manifestement, il propose les mêmes services que ceux qui sont actuellement offerts sur la rue George. Il n’inclut pas l’approche de décentralisation et d’équilibre géographique prônée par des experts. Si vous évoquez la décentralisation des services sur le marché, une priorité que nous partageons tous, vous vous en gardez bien dans la proposition présentée au public, le projet visant plutôt à recentraliser ces services dans un nouveau quartier tout aussi vulnérable.

Bien que j’aie indiqué à maintes reprises que la tenue de consultations publiques était obligatoire, la mauvaise volonté de votre équipe à mobiliser toute la communauté a incité mon équipe à organiser les discussions stratégiques de la semaine dernière. Ces séances importantes nous ont permis d’expliquer les faits et le contexte à la communauté. En ma qualité de représentant municipal, j’ai répondu aux questions et aux besoins des résidents de mon quartier. C’est compte tenu de leurs demandes de précisions sur le contexte et le processus que mon équipe a décidé d’organiser ces séances.

Par ailleurs, vous avez abondamment employé le terme « consultation » dans votre lettre, ainsi que dans les entrevues que vous avez récemment données auprès des médias. Or, je tiens à préciser les faits : à loccasion de nos nombreuses rencontres au cours des sept dernières années, lorsque le chemin de Montréal a été suggéré, jai dit mopposer fermement à lemplacement et souligné la nécessité de consulter le public avant de sélectionner un site.

Je tiens aussi à vous rappeler qu’il n’y a pas lieu, à mon avis, de concentrer vos services en un seul site, quel que soit son emplacement.

Dans votre lettre, vous mentionnez des dates de rencontre précises avec des membres de mon bureau à propos de sites potentiels, sans spécifier le contexte. Ces conversations ont été engagées il y a plusieurs années, dans le cadre de l’approbation du rapport sur le Plan décennal de logement et de lutte contre l’itinérance. En tant qu’organisme aspirant à présenter un projet, il vous incombe de nouer le dialogue avec la communauté; nous sommes d’ailleurs là pour faciliter ces liens. Nous ne pouvons poursuivre la conversation entourant un projet sans votre consentement et sans l’offre d’achat qui a été déposée bien après novembre 2015, la période suggérée pour le site visé. En 2015, nous avions discuté de votre désir d’investir dans notre Ville afin d’y construire tout spécialement un refuge d’urgence, sans vraiment aller plus loin que des discussions conceptuelles entourant les besoins de la Ville en matière de logement et de soutien et votre intérêt pour l’emplacement du chemin de Montréal. Nétant pas disposé à accepter cet emplacement, je me suis efforcé de proposer dautres options, que vous navez accueillies qu’avec réticence. En règle générale, un requérant noue le dialogue avec l’association communautaire lorsqu’il acquiert un site, ce que j’ai fortement encouragé, malgré mon opposition à l’emplacement proposé.

En ma qualité de conseiller municipal, j’ai demandé au Bureau des services immobiliers de me fournir une liste des terrains appartenant à la Ville et serais heureux de m’asseoir avec vous et les membres de la communauté afin d’examiner les options disponibles.

J’ai choisi de travailler étroitement avec votre organisation sur l’emplacement actuel du Booth Centre, privilégiant la création d’une section réservée à vos clients fumeurs et la présence nécessaire d’une équipe de sécurité au Booth Centre. Nous avons éprouvé des difficultés avec l’engagement et la direction nationale de l’Armée du Salut à propos des problèmes entourant actuellement le Booth Centre. Entre août 2016 et avril 2017, j’ai fait face à la réticence de la direction nationale à nous rencontrer à Ottawa pour remédier aux problèmes touchant à l’établissement actuel. En dépit des progrès et des investissements financiers, la situation présente un grand défi en matière de sécurité.

Vous avez mentionné les rencontres que nous avons eues au préalable en raison de l’intérêt que vous portez à l’emplacement du 333, chemin de Montréal. J’estime par ailleurs impératif de clarifier les discussions qui ont eu lieu pendant cette période, car vous semblez confondre mon soutien à linvestissement financier, qui est souhaitable et nécessaire, et lappui en faveur de lemplacement sur le chemin de Montréal.

Je reconnais que le statu quo n’est pas une option pour nos résidents les plus vulnérables et j’accueille favorablement les 30 millions de dollars que l’Armée du Salut entend investir dans notre ville. Ceci dit, nous devons impérativement éviter de répéter les erreurs d’un établissement de grande envergure doté de multiples points de service.

Depuis nos rencontres, j’ai toujours été clair et je suis resté fondamentalement opposé à votre projet de déménager au 333, chemin de Montréal.

Au fil des discussions de ces sept dernières années, l’Armée du Salut a montré la difficulté qu’elle a à s’adapter aux besoins des résidents les plus vulnérables d’Ottawa et à adopter les meilleures pratiques en matière de recherche dans ce secteur.

Contrairement à ce que vous avez affirmé, au cours des dernières rencontres, nous ne vous avons pas demandé de retarder le processus lorsque je vous ai avisé de mon absence au début du mois de juin. Je ne vous aurais jamais suggéré de ne pas nouer le dialogue avec la communauté et entamer des consultations.

J’ai insisté, tout au long des rencontres et des conversations, sur la nécessité d’établir un dialogue ouvert avec les résidents et la communauté. Honnêtement, cela ne s’est pas produit et vous continuez de vous soustraire à votre responsabilité d’identifier les dates et les lieux des consultations publiques à organiser au sujet de votre demande.

Malgré les erreurs d’interprétation constantes dans nos relations de travail, je reste ouvert et disposé à participer à un dialogue constructif en vue d’améliorer et de diversifier les services, y compris les possibilités et les stratégies de réduction des méfaits pour les membres des communautés les plus vulnérables de notre Ville. Mon but n’est pas de lutter contre votre organisation, qui travaille avec ardeur à apporter un soutien précieux. En revanche, je suis là pour représenter l’intérêt de la communauté que vous semblez avoir exclus de votre projet.

Comme vous l’avez reconnu par le passé, je suis la personne la mieux à même de comprendre les besoins et la diversité de la communauté. Ses préoccupations et ses rétroactions récentes, dont nous vous avons mis au courant, démontrent l’écart de compréhension de votre équipe à l’égard des efforts de la communauté visant à faire de Vanier un quartier plus dynamique. Pour une énième fois, je vous encourage vivement à réexaminer le site sélectionné et à étudier la possibilité d’une décentralisation des services en différents endroits de la Ville.

Dans l’intervalle, je vous prie d’agréer l’expression de mes salutations distinguées.

 

Mathieu Fleury

City Councillor|Conseiller municipal

Ward |Quartier 12 (Rideau-Vanier)

(613) 580-2482

mathieu.fleury@ottawa.ca