On compte 350 familles; une durée moyenne de 123 jours par séjour; 700 enfants; une liste d’attente de 12 000 personnes.

Pourquoi cette situation n’est-elle pas considérée comme urgente?

Lors d’une réunion du Conseil aujourd’hui, mes collègues, la conseillère Catherine McKenney, et le conseiller Rawlson King, qui a appuyé sa proposition, ont présenté une motion pour qu’Ottawa déclare officiellement une situation d’urgence en matière de logement abordable et d’itinérance, reconnaissant que la Ville d’Ottawa ne possède pas les ressources nécessaires pour gérer seule cette crise.

Ils ont proposé une légère modification visant à ajouter le mot « crise » – pour que la Ville déclare une crise et une situation d’urgence en matière de logement abordable et d’itinérance –, et je suis heureux d’annoncer que cette modification a été appuyée par une majorité de membres du Conseil.

Cette motion comporte deux volets : elle reconnaît qu’il est urgent de changer les choses et elle donne également à ce conseil un autre outil pour l’aider à porter cette importante question devant les gouvernements fédéral et provincial.

Il est important que tous les ordres de gouvernement s’unissent pour affronter cette crise – notre ville a besoin d’une hausse immédiate du financement d’urgence pour le logement abordable, l’aide au logement et les allocations de logement, ainsi que d’un plan financier à long terme pour répondre aux besoins de la collectivité.

Le logement est important pour nous tous. Il devrait être un droit et non un privilège.

La motion proposée par le conseiller McKenney reconnaît qu’Ottawa, bien qu’elle ne soit pas seule dans cette bataille, a effectivement du mal à atteindre les objectifs qu’elle s’est fixés en vue de réduire l’itinérance. Les refuges et les motels sont complets, la liste d’attente pour les logements abordables est à un niveau record et le taux d’inoccupation n’a jamais été aussi bas.

Le Plan décennal de logement de la Ville – Un chez-soi pour tous – a été approuvé par le Conseil municipal en 2013.
Lors de la mise en œuvre du Plan, le 1er janvier 2014, 10 000 personnes attendaient un logement permanent.

Le plan a trois objectifs : veiller à ce que tous aient un chez-soi; veiller à ce que tous obtiennent le soutien dont ils ont besoin; et travailler ensemble pour accroître l’efficacité globale du système de logement – car il est clair qu’il est inefficace. Nous devons repenser et modifier notre approche pour que des milliers de logements abordables soient construits à Ottawa chaque année. Notre norme actuelle relative aux demandes de propositions, qui se limite à quelques centaines de logements par an, ne constitue tout simplement pas une véritable solution.

Aujourd’hui, en 2020, ce sont 12 000 personnes qui attendent un logement.

L’année 2024 arrive à grands pas, et le fait de ne pas déclarer une crise et une situation d’urgence montre à quel point la situation est devenue désastreuse.

Qu’est-ce qui nous poussera à prendre les devants? À changer les choses?

Je nous mets tous au défi de comprendre le plan décennal. Il ne peut pas s’agir d’une simple ambition; il doit comporter des objectifs clairs et audacieux axés sur la construction de nouveaux logements abordables pour réduire la liste d’attente croissante. Il doit aussi utiliser les investissements de la Ville de manière réfléchie et il doit mettre en place des politiques qui incitent à la fois les fournisseurs de logements sociaux et les promoteurs privés à construire des logements abordables, chaque année. En tant que président de la Société de logement communautaire d’Ottawa, je crois qu’il existe des moyens audacieux et novateurs d’augmenter le nombre de logements abordables dans notre ville. La Société a fait ses preuves en tant que chef de file pour tirer le meilleur parti des possibilités de développement afin de mieux servir les locataires.

Je tiens à remercier mes collègues d’avoir proposé cette motion.

La Ville ne peut pas être la seule à faire avancer ce dossier. Je vous incite vivement à ne pas vous contenter de regarder la partie émergée de l’iceberg, mais à examiner l’ensemble de la question – il y a des citoyens qui attendent.