À la réunion du Conseil municipal le 23 septembre 2020, j’ai l’intention de voter contre le rapport de la phase 2 de l’étude de la zone R4. Il est essentiel que la Ville mène à bien le Plan officiel et apporte des changements concertés aux zones résidentielles de la ceinture de verdure. En outre, le rapport actuel ne tient pas compte des questions du chaînon manquant (diversité des logements locatifs) et de l’abordabilité qui se sont fait jour, à l’origine, dans l’étude de la zone R4.

Je crois qu’il est juste d’affirmer qu’il a fallu parcourir un chemin à la fois long et sinueux pour en arriver en cette étape dans le quartier 12 : nous savons que nous devons maintenant affronter les changements qui découlent des modifications que la Ville propose d’apporter au Règlement de zonage pour la phase 2 de la zone résidentielle de densité 4. 

Le Comité de l’urbanisme de la Ville a approuvé, le 10 septembre 2020, une modification du zonage pour encourager la construction d’immeubles d’appartements de faible hauteur et de 8 à 12 logements dans les quartiers urbains intérieurs établis comme le centre-ville, la Côte‑de‑Sable, Vanier, Overbrook, Hintonburg et Westboro.

Cette modification vise à accroître l’offre de logements familiaux dans les quartiers urbains établis. 

Les changements consistent à réduire la superficie des lots, à hausser le maximum de quatre logements par immeuble et à réviser les besoins en espaces verts et en aires d’agrément.

Le Conseil municipal doit revoir le rapport et en débattre le 23 septembre.

L’objectif consiste à offrir l’occasion de combler le chaînon manquant — en regroupant les résidences multifamiliales de plus grande densité et les habitations unifamiliales. 

Ce n’est pas l’intention du personnel de l’urbanisme qui est inquiétante. 

Ce sont plutôt les incidences de cette intention sur le quartier. 

Comme vous le savez, je serai le premier à dire que la Ville a un urgent besoin de logements pour lutter contre l’itinérance. Je crois aussi que la réponse consiste à offrir l’accès au logement à tous ceux et celles qui en ont besoin. 

Bâtir des logements plus abordables est une grande partie de la solution. 

Mais comme je l’ai dit, le zonage actuel ne répond pas nécessairement à ce besoin. 

L’argument voulant qu’il suffise de construire ces logements pour résoudre le problème est un peu faible. 

Ces projections offrent une solution dans une vingtaine d’années peut-être — or, à l’heure actuelle, surtout dans la Côte-de-Sable, la question est de savoir non pas s’il y a des logements, mais plutôt de savoir si ces logements sont abordables pour les familles. 

Dans certains secteurs du quartier, il est quasiment impossible de louer un logement sans payer à la chambre. On pourrait faire valoir qu’il est logique d’habiter dans une collectivité non loin d’une université, ce qui n’est pas nécessairement attrayant pour les jeunes professionnels ni pour les familles. 

Et pour cette même raison, c’est ce qui explique qu’il soit si important, à mes yeux et pour la collectivité de la Côte-de-Sable, de préconiser un moratoire quand il s’agit d’adopter ces modifications. 

Au cours des innombrables réunions et discussions que j’ai eues avec le personnel à propos de ce rapport, j’ai voulu m’assurer que les besoins de la collectivité (soit au moins 85 % de la zone R4 comme c’est le cas dans la Côte-de-Sable) n’ont pas d’incidence négative sur le caractère bâti du quartier, ni sur les résidents actuels ou éventuels. 

C’est pourquoi je déposerai deux motions auprès du Comité de l’urbanisme : l’une obligeant à ranger à l’intérieur les bacs à ordures et l’autre interdisant l’aménagement des aires d’agrément sur les toits dans notre collectivité. 

Je suis heureux d’affirmer que le Comité de l’urbanisme a adopté ma motion à l’unanimité. 

L’autre motion visait à préserver et à rehausser le succès remporté grâce au maximum de quatre logements dans les immeubles d’appartements de faible hauteur, en particulier dans le quartier Côte-de-Sable. 

Cette collectivité est aux prises avec des impératifs exceptionnels en raison de la proximité de l’Université d’Ottawa et du maximum de chambres à coucher, qui est fixé à quatre pour chaque logement, ce qui a été adopté en 2018 dans la phase 1 de l’étude de la zone résidentielle de densité 4, afin de mettre fin aux dortoirs dans la collectivité : il est trop tôt pour dire qu’il s’agit d’un franc succès, mais il est aussi trop tôt pour abandonner la réglementation et hausser le maximum.

Appelée la « zone R4 de faible densité », la petite zone au cœur de la Côte-de-Sable permet d’aménager uniquement des immeubles d’au plus quatre logements. Dans ce rapport, le personnel de la Ville propose de doubler ce chiffre pour le porter à huit logements. Je peux en toute honnêteté dire que ces efforts, qui consistent à maintenir le maximum de chambres à coucher par logement et à limiter à quatre logements les immeubles de faible hauteur pour la zone R4 de faible densité, ont été fructueux. Ils ont permis d’assurer la diversité dans la superficie des logements, puisque d’autres parties du quartier de la Côte-de-Sable comprennent des zones R4 de forte densité — ce qui permet d’accroître le nombre de logements. Malheureusement, ma motion qui visait à maintenir la zone R4 de faible densité dans notre collectivité n’a pas été adoptée.

PATRIMOINE

Outre les deux motions — ce qui est une autre tâche énorme dans la protection des intérêts de la Côte-de-Sable —, il fallait s’assurer que les caractéristiques patrimoniales du quartier et les modalités selon lesquelles elles sont définies sont reconnues et explorées.

J’ai alors demandé au personnel de la Ville d’examiner les limites du secteur à caractère de patrimoine culturel de la Côte-de-Sable et les sept districts de conservation du patrimoine pour savoir si les limites permettent de bien protéger le caractère patrimonial du secteur. 

J’ai demandé en particulier à ce que l’étude s’étende à l’examen du patrimoine bâti pour toutes les périodes de l’aménagement de la Côte-de-Sable.

VANIER

Comme vous le savez tous, je serai le premier à être fier d’affirmer que je représente trois collectivités très différentes, qui ont toutes leurs besoins, leurs inquiétudes et leurs caractéristiques.

C’est ce que j’adore. Chaque quartier est unique. Et à ce stade-ci, j’estime qu’il était essentiel de jeter un coup d’œil différent sur les besoins distincts de Vanier en ce qui concerne la zone R4.

Effectivement, la plupart des motifs de préoccupation de la collectivité, qui ont été soulevés devant le Comité, sont les mêmes : le paysagement, la fenestration, le stationnement et la densité. Or, j’estime que ces préoccupations sont propres à Vanier.

Mais qu’en est-il?

Tous ceux qui prennent le temps d’arpenter cette collectivité verront tout de suite un mariage de l’ambiance française, des maisons patrimoniales riches de l’histoire d’Ottawa, des bungalows des années 1970 et de bien d’autres caractéristiques.

C’est la raison pour laquelle j’estime qu’il fallait demander au personnel de nous aider à définir ces caractéristiques — en se penchant sur les différents aspects de Vanier et en en déterminant les caractéristiques exceptionnelles, essentielles et qu’il fallait conserver; c’est pourquoi, lorsqu’il s’agit de l’esthétique urbaine et des prochaines demandes d’aménagement, ce travail n’aura pas été fait en pure perte.

S’agissant des politiques en vigueur sur tout le territoire de la Ville, il est parfois difficile de militer pour les causes qui peuvent paraître modestes par rapport à l’ensemble de la Ville. Pour cette ville, la zone R4 jouera un rôle important, puisqu’elle permettra de veiller à ce que les objectifs de densification puissent être respectés. Dans le cadre de l’examen du Plan officiel, la zone résidentielle changera dans de nombreuses collectivités pour favoriser l’accroissement de la population, ce qui consistera à étendre la zone R4 à la plupart des collectivités dans la ceinture de verdure.

Mais ce n’est pas la raison pour laquelle nous sommes des conseillers municipaux. 

Effectivement, nous représentons la Ville. Mais d’abord et avant tout, nous représentons nos collectivités. Et malgré la bataille qu’il faut mener en amont, ce qui a été le cas, j’ai cru qu’il fallait me porter à la défense de la Côte-de-Sable, de la Basse-Ville et de Vanier — pour veiller à faire entendre nos points de vue en définitive. 

C’est la raison pour laquelle j’occupe ce siège.