Le projet pilote lié aux trottinettes électriques révèle des lacunes en matière d’application des règlements et de responsabilité

De nombreuses personnes attendent avec impatience que la deuxième année du projet pilote mettant à l’essai la technologie des trottinettes électriques à Ottawa prenne fin.

Les rues et les trottoirs du cœur de la ville sont jonchés de roues Wayward – un total de 1 200 trottinettes électriques provenant de trois fournisseurs : Neuron, Lime et Bird.

Les trottinettes électriques abandonnées sont trop souvent laissées par les utilisateurs aux entrées des magasins, sur les trottoirs et aux passages pour piétons, ce qui en bloque l’accès.

Il ne fait aucun doute que les trottinettes électriques sont populaires. Au cours de la première année du projet pilote, plus de 72 720 usagers ont effectué plus de 238 000 trajets à bord des 600 trottinettes électriques alors offertes par les trois fournisseurs.

(Et, je l’admets, les trottinettes électriques sont une option amusante et relativement abordable qui s’est avérée plus fiable, malheureusement, que notre réseau de train léger ayant coûté plusieurs milliards de dollars.)

Toutefois, ce projet pilote a mis en lumière certaines failles majeures et créé de véritables défis, notamment pour les personnes ayant des problèmes de mobilité et des besoins en matière d’accessibilité.

Lorsque la Ville a mis en place le projet pilote au printemps 2020, j’ai exprimé mes réserves et souligné la nécessité d’établir certaines règles pour que le plaisir des uns ne complique pas la vie des autres.

Depuis lors, nous avons pris connaissance d’innombrables préoccupations concernant des usagers – sobres ou non – qui utilisent les trottinettes électriques incorrectement, là où elles sont interdites, et qui les laissent dans des endroits non autorisés.

Près de dix personnes ont signalé des blessures causées par les trottinettes électriques du projet pilote, et les rapports indiquent que beaucoup d’autres blessures ne sont pas signalées.

Une blessure évitable est une blessure de trop.

Les bureaux des conseillers – dont le mien – et le centre d’appels 3-1-1 de la Ville ont relayé des milliers de plaintes officielles concernant le stationnement et d’autres problèmes. Cela s’ajoute aux plaintes anecdotiques et informelles que nous entendons presque quotidiennement.

Pire encore, le projet pilote a mis à nu une importante lacune en matière d’application des règlements.

Essentiellement, en raison de lois provinciales obsolètes, la police ne peut pas faire respecter les règles du projet pilote concernant la conduite des trottinettes électriques.

Même s’il y a suffisamment d’agents chargés de l’application des règlements municipaux en temps réel, les Services des règlements municipaux de la Ville n’ont pas pour mandat de faire respecter le programme. C’est là le véritable problème : ce sont les Services de la circulation qui doivent faire respecter le programme alors qu’ils ne disposent pas d’une équipe d’intervention en temps réel.

Ainsi, les entreprises participant au projet pilote sont essentiellement laissées à elles-mêmes dans la gestion du programme. Il faut reconnaître que l’entreprise Bird s’est montrée la plus réactive des trois en répondant aux préoccupations des résidents en temps réel par l’administration d’amendes aux usagers fautifs et par le retrait des trottinettes électriques.

Qu’en est-il pour la suite?

Si la Ville permet le passage de la mise à l’essai à une utilisation permanente des trottinettes électriques au sein de notre réseau de transport mixte, nous devons aborder certains points essentiels.

Je crois que cela est possible.

Peut-être que le « principe de Peter Parker » devrait être appliqué.

Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités.

Et pour commencer, la Ville doit être un élément central de ce programme.

Pour que cela fonctionne, les directions générales municipales doivent disposer des outils et des ressources nécessaires pour suivre les plaintes et y répondre rapidement.

Cela peut impliquer la saisie des trottinettes électriques abandonnées et l’administration d’amendes aux entreprises, comme nous le faisons pour les chariots de supermarché, par exemple.

Il pourrait s’agir d’exiger des entreprises qu’elles divulguent davantage de données sur les trajets et qu’elles investissent dans diverses mesures de sécurité et une meilleure cartographie du système de repérage par GPS (direction des voies et trottoirs).

Cela devrait signifier l’élargissement des pouvoirs des agents chargés de l’application des règlements municipaux pour leur permettre de faire appliquer les règlements en matière stationnement aux utilisateurs de trottinettes.

Cela devrait également signifier davantage de ressources de sensibilisation pour les usagers, afin que ceux-ci puissent respecter les règles de la route.

Ottawa est souvent considérée – injustement, à mon avis – comme une ville ennuyeuse. Les trottinettes électriques sont amusantes.

Mais ce n’est pas amusant quand quelqu’un se blesse.

Ce n’est pas amusant lorsqu’un magasin ou un restaurant qui vient de rouvrir ses portes voit son entrée bloquée.

Ce n’est certainement pas amusant quand une personne en fauteuil roulant ne peut pas descendre un trottoir ou traverser une intersection.

Les trottinettes électriques sont une technologie perturbatrice, mais les autoriser sur nos routes n’est pas une raison de troubler la vie quotidienne des autres usagers.

Le plaisir s’accompagne de certaines responsabilités, notamment pour les décideurs.

Et si la Ville ne peut pas garantir que les trottinettes électriques seront gérées de manière responsable à l’avenir, y compris de la manière que j’ai décrite ci-dessus, je pense qu’il est temps de les abandonner pour de bon.

La technologie est à l’origine de ces défis et elle doit également contribuer à leur résolution.

Leave a Comment