Ville d’Ottawa

Son histoire 

La ville d’Ottawa a fusionné en 2001 et, à la suite d’un appel lancé par les municipalités rurales en 2002, a créé 23 quartiers. La nouvelle ville d’Ottawa combinait la municipalité régionale d’Ottawa-Carleton et des régions comme Kanata, Vanier, Cumberland, Gloucester et Nepean. Cette réunion de plusieurs villes indépendantes a mélangé différentes populations et groupes économiques. Autrement dit, bon nombre de résidents se sont intéressés au bien-être politique de secteurs auxquels ils n’avaient jamais pensé auparavant. En réalité, d’ailleurs, une bonne partie de la main d’œuvre habite en périphérie, mais emprunte les services municipaux pour venir travailler au centre-ville.

La Ville a connu une formidable croissance démographique et atteint le seuil de plus d’un million d’habitants le 14 juin 2019, contre 770 000 habitants en 2001 selon le recensement.

Divisions de la ville

La superficie du territoire total d’Ottawa en fait l’une des plus étendues du pays. À titre d’exemple, elle a la taille de villes comme Toronto, Montréal, Edmonton, Calgary et Vancouver et une superficie totale de 100 km2 de plus. Selon le Plan directeur de la Ville d’Ottawa, la Ceinture de verdure sépare le centre urbain des secteurs suburbains et ruraux. Il définit le centre-ville comme la zone située juste au sud du Parlement et qui compte une forte concentration d’entreprises et d’employeurs.

En l’état, la Ceinture verte ne divise pas clairement notre ville. Elle abrite plusieurs secteurs périphériques, dont les quartiers de Vieux-Nepean, de Cyrville et d’Alta Vista, pour ne citer qu’eux, ainsi que des secteurs suburbains externes comme Kanata et Orléans, et plusieurs zones d’étalement urbain. Quant au cœur de la ville, il s’est étendu et continue de s’élargir. Le recours à ces différentes limites mérite d’être réévalué à peu près tous les 20 ans.

Or, celles-ci n’ont pas été examinées depuis la fusion, d’où la pertinence et l’intérêt de ce rapport sur les limites des quartiers auquel vous vous êtes attelés.

Bien que les limites des quartiers de la ville n’aient pas été mises à jour depuis 2002, un autre groupe, qui produit l’Étude sur les quartiers d’Ottawa, met régulièrement à jour leurs limites. Le groupe divise la ville d’une manière différente, qui tient compte de son évolution dans le temps. Cette étude met à jour les limites des quartiers tous les 10 ans pour refléter deux cycles complets de recensement. Elle utilise une combinaison de données socio-économiques et démographiques de Statistique Canada. Grâce à cette information, le groupe définit les quartiers en regroupant des secteurs similaires. Il consulte également les renseignements recueillis par les professionnels locaux de l’immobilier et tient des consultations publiques. Enfin, il tient compte d’éléments environnementaux comme les routes principales pour diviser nettement les quartiers.

Il serait intéressant de se pencher sur ce processus, car il tient compte des tendances et des besoins démographiques et indique clairement les limites de quartier et la transformation rapide de notre ville. Je crois que ce processus pourrait être très instructif, car il permettrait de réexaminer les limites des quartiers, de favoriser une représentation plus juste et de remédier à différents problèmes que rencontre Ottawa.

Nous devons veiller à ce que, outre la population, l’on étudie certains facteurs dont le niveau de revenu, les principaux centres d’emploi, la propriété foncière par rapport à la location, les écoles et les commodités, les espaces commerciaux et les grandes entreprises, qui constituent tous des points importants pour votre analyse. Le Plan officiel et le Plan directeur des transports peuvent compléter l’examen cartographique que vous effectuez. Nous devrions aussi prendre en considération les données sur les services municipaux comme les appels à Service Ottawa (311), les nombres de règlements, la cartographie de la criminalité, les demandes d’aménagement, les permis de construire, qui donnent tous des indices sur les besoins des quartiers et en particulier la charge de travail, et ce, peu importe la population. Ce faisant, nous pourrions nous assurer que nous n’accordons pas de valeur démesurée à certaines caractéristiques uniquement, comme la superficie ou la population,

Nous devons également faire en sorte que la représentation soit plus équitable dans la ville. Nous devons trouver un moyen de mobiliser les résidents et de faire entendre leur voix de manière plus équitable à l’hôtel de ville. Une grande ville comme la nôtre ne peut tout simplement pas se fonder sur des divisions urbaines, suburbaines et rurales; pour convaincre ces blocs d’électeurs, nous devons donc aspirer à une répartition équitable des quartiers. Collectivement, nous voulons que les résidents s’entraident, que les quartiers soient accueillants et partagent les commodités afin de pouvoir prospérer dans notre ville.

Nous pourrions veiller en outre à ce que toutes les limites soient des rues principales, ce qui n’est pas souvent le cas. Prenons par exemple l’avenue Beechwood dans notre quartier : un côté de la chaussée appartient au quartier 12 et l’autre au quartier 13. Cette division nette permet aux résidents de repérer facilement les limites. Elle favorise en outre le développement des rues principales et la vitalité de notre économie locale, d’autant que de nombreux élus s’emploient simultanément à l’améliorer.

Notre quartier unique : Rideau-Vanier (la Basse-Ville et le marché By; Côte-de-Sable, y compris l’Université d’Ottawa; et l’ancienne ville de Vanier)

Le quartier Rideau-Vanier comporte trois secteurs très différents : Côte-de-Sable, Vanier et Basse-Ville. Je crois que si notre ville était un être humain, le quartier 12 en serait le cœur. Nous sommes au centre des activités de notre ville et les nombreux projets et politiques publiques que nous défendons visent ce quartier important et unique en son genre, et profiteront non seulement à ce secteur, mais aussi à toute la ville. Tout élu trouverait la tâche difficile compte tenu de la complexité et de la grande variété de problèmes qui se répercutent au quotidien sur les activités de la ville dans notre quartier.

Données démographiques

Selon l’Étude sur les quartiers d’Ottawa, le revenu médian des ménages après impôt est d’environ 44 000 $ dans la Basse-Ville et dans le marché By, de 45 000 $ dans la Côte-de-Sable et de 42 000 $ dans Vanier. À titre comparatif, le recensement de 2016 indiquait que le revenu médian après impôt des ménages était d’environ 74 000 $ à l’échelle d’Ottawa et de 61 000 $ à l’échelle du Canada, soit presque deux fois plus que celui de notre quartier. Selon l’Indice de l’équité des quartiers, notre quartier est celui qui présente le plus de lacunes en matière d’équité. Nous sommes également le seul quartier de la ville que l’indice qualifie de généralement préoccupant.

De plus, c’est dans notre quartier que le taux de besoin impérieux de logement est le plus élevé, ce qui signifie qu’il compte plus de logements inadéquats, inabordables et inadaptés que n’importe quel autre quartier de la ville. Selon un reportage sur l’immobilier rédigé par James Bagnall et publié dans l’Ottawa Citizen le 6 janvier 2020, le prix moyen d’un logement s’élevait à 658 200 $ dans la Basse-Ville et la Côte-de-Sable, soit près de 200 000 $ de plus (1,5 fois) que le prix de vente moyen des propriétés dans la ville. Notre quartier a versé pratiquement 91,4 millions $ d’impôt foncier à la ville l’année dernière, un montant qui place le quartier au troisième rang des 23 quartiers.

Nos différents quartiers et leur emplacement géographique contribuent tous à la diversité. Ainsi, deux ponts en direction du Québec sont situés dans la Basse-Ville et 30 % des résidents de Vanier sont francophones. De nombreux touristes nous rendent régulièrement visite, nous accueillons également plusieurs organismes des affaires étrangères ainsi que des ambassades étrangères, et la quatrième université du Canada en importance se trouve dans la Côte-de-Sable. Le marché By, le plus ancien quartier d’Ottawa, regroupe en outre la plus vaste concentration de commerces de détail de la ville. La combinaison de ces facteurs vient compliquer la collecte de données, les services, le transport en commun et la planification, qui sont tous des besoins propres à notre quartier. Nous hébergeons également l’une des rares cabanes à sucre en milieu urbain d’Amérique du Nord. La plupart des gens qui vivent et utilisent les services de notre quartier possèdent leur résidence principale ailleurs. Par exemple, de nombreux résidents de Gatineau et d’Ottawa consomment et travaillent dans le centre-ville ou traversent le centre-ville. Ils passent notamment par le Centre Rideau, la station Rideau du TLR, les bretelles d’accès et de sortie de la 417 à hauteur de la rue Nicholas et de la promenade Vanier, ainsi que par le canal Rideau et les sentiers polyvalents de la rivière Rideau, etc.

Taux de participation

Ces dernières années, la participation de notre quartier aux élections municipales a été inférieure à la moyenne de toute la ville. Depuis les élections municipales de 2006 et de 2010, notre quartier affiche constamment le nombre d’électeurs le plus faible de la ville. Aux dernières élections de 2018, nous étions avant-derniers. En comparant les chiffres que nous avons obtenus à ces élections, 37,54 %, à ceux d’un autre quartier urbain comme Kitchissipi, 48,88 %, on observe un écart substantiel de 11 %. Cet écart est encore plus marqué et s’élève à 15 % si on fait le parallèle avec le meilleur taux de participation, celui du quartier 17, Capitale, dont le taux atteint 52,13 %. Il faut également noter que ces statistiques ne prennent pas en considération tous les résidents de notre quartier. N’oublions pas que notre quartier abrite de nombreuses ambassades où vivent de nombreux représentants étrangers. Il accueille aussi d’autres résidents comme les étudiants de l’Université d’Ottawa qui n’occupent un logement que durant l’année scolaire. S’ils ne participent généralement pas aux élections locales ni aux recensements, ces résidents n’en ont pas moins besoin d’une mobilisation accrue des services municipaux.
En chiffres (au-delà de la population)

Ce secteur a connu une croissance rapide. Au cours des cinq dernières années, le quartier 12 a octroyé 1 685 permis de construction, soit presque deux fois plus que le quartier 11 voisin, qui en a remis 914 au cours de la même période. En outre, 168 demandes d’aménagement ont été déposées depuis mars 2015, soit presque deux fois plus que la moyenne de la ville durant la même période.

Selon un rapport des Services de protection et d’urgence d’Ottawa datant d’août 2019, 16 000 logements étaient loués, un chiffre considérable, si on le compare à ceux des quartiers voisins. À titre d’exemple, c’est environ 7 000 de plus que le quartier 13 et environ 15 000 unités de plus (soit plus de neuf fois le nombre) que le quartier 11.

Le nombre de ménages ou d’unités occupés avoisinait 29 000 à la fin de 2019, soit près de 7 % de la croissance générale de la Ville au cours des cinq dernières années. Quant à la population, elle est passée d’environ 47 000 habitants à plus de 50 000 au cours de la même période, ce qui représente une hausse de plus de 2 000 habitants, ou près de 1,5 fois la croissance moyenne des quartiers de toute la ville depuis 2014.

Services municipaux

Les Services de règlements municipaux sont très importants dans notre quartier. En 2019, Rideau-Vanier a généré 2 476 appels, soit pratiquement 10 % de tous ceux de la ville. Comparativement, les quartiers voisins en ont affiché moins de la moitié : le quartier 11 en a fait 795 et le quartier 13, 1205. Environ 36 % de ces appels concernaient le stationnement, mais ces chiffres comprenaient aussi 219 appels liés aux graffiti, 464 liés au bruit et 487 liés aux normes foncières. À titre comparatif, les appels liés aux graffiti ont représenté 20 % du total de la Ville, tandis que les appels liés aux normes foncières ont représenté environ 25 % par rapport au total de la ville. Le quartier 14, le plus proche, a fait 255 appels liés aux normes foncières et le quartier 5, le plus éloigné, en a fait 12. Autrement dit, notre quartier a fait deux fois plus d’appels que le quartier le plus proche et près de 100 fois plus que celui qui en a fait le moins.

Tourisme

Le quartier 12 est un lieu de prédilection pour les touristes de la ville, surtout pendant les périodes de grande affluence, comme à la Fête du Canada et au Bal de Neige. Nous avons le Musée des beaux-arts du Canada, la Monnaie royale canadienne, le Centre Rideau, le Centre Shaw et le marché By. Parmi les hôtels, mentionnons notamment l’historique Château Laurier, l’hôtel canadien Le Germain, le chic hôtel Andaz et l’hôtel Westin bien situé. Le marché By est la deuxième plus importante attraction touristique, après la colline du Parlement. Plus précisément, beaucoup des nombreuses entreprises de la ville servant directement la clientèle se trouvent dans notre secteur. Cela fait en sorte que nous sommes assujettis à des normes plus rigoureuses par les groupes de pression de l’industrie. Cela signifie que notre quartier a des attentes particulières en matière de criminalité et de propreté, et exerce constamment des pressions en faveur d’une présence accrue de la police, de la baisse du taux de criminalité et de l’entretien.

Conclusion

J’ai eu beaucoup de plaisir à faire cet exercice et à vous communiquer l’amour que j’éprouve à l’égard de ma communauté. J’ai eu la chance de grandir dans cette partie de la ville et ai désormais le privilège de la représenter. Siégeant depuis déjà dix ans au Conseil municipal, dont je suis le plus jeune membre, je me demande souvent comment les dirigeants communautaires de demain s’y prendront pour gérer le rythme effréné et les longues heures que la représentation d’un quartier comme le mien exige. Est-ce une question de ressources en personnel, de limites physiques ou de déséquilibre dans la représentation? Je ne sais trop comment la régler. J’ai proposé plusieurs éléments qui, à mon avis, devraient être pris en considération. Vous ne devriez pas vous limiter à l’espace et à la population, mais plutôt faire une analyse sur 20 ans mettant en exergue les retombées dont bénéficieront les résidents d’Ottawa à long terme. Nous n’atteindrons jamais l’équité totale. Je crois néanmoins que nous devons prendre certains facteurs en compte afin de donner aux électeurs des secteurs urbains, suburbains et ruraux l’espoir de participer à la démocratie, de les inciter à se mobiliser et, finalement, de continuer à faire de la ville d’Ottawa l’un des meilleurs endroits où vivre.