Une bonne dose de scepticisme était présente lors de la présentation de la proposition de réaménagement du parc Lansdowne.

Mis à part les arguments sur la manière dont il a été développé, je pense qu’un grand nombre d’entre nous peuvent s’entendre sur un point – le parc Lansdowne d’aujourd’hui est mille fois mieux que ce qu’il était. 

Les améliorations du parc, le marché fermier, les sports et le divertissement, les rues axées sur les piétons offrent aux visiteurs un endroit fabuleux où aller.

Comme la baie Mooneys et le marché By, le parc Lansdowne est un actif dont tous les résidents profitent.

J’ai pour ma part eu le plaisir d’assister à bon nombre de matchs des Rough Riders, des Redblacks, de la Coupe Grey, j’ai vu la Coupe du monde féminine, j’ai vu jouer le Fury d’Ottawa, j’ai vu de multiples concerts, la course au championnat du 67 d’Ottawa, les matchs Panda – la liste est longue et j’en passe de ce que vous pouvez voir et faire.

Les résultats de la revitalisation sont apparemment parfaits.

Mais la manière dont nous sommes arrivés là est compliquée – et par conséquent loin d’être parfaite. 

Revenons un peu en arrière.

Pour réparer une installation lui appartenant qui était désuète et tombait en ruines, la Ville a signé une entente avec le secteur privé.

C’est ainsi que l’Ottawa Sports and Entertainment Group – l’OSEG est arrivé.

Avec deux chefs d’entreprise locaux très respectés aux commandes, John Ruddy et Roger Greenberg, les idées en vue de développer et de bâtir un parc Lansdowne du futur semblaient non seulement réalisables, mais également raisonnables.

La revitalisation du parc a permis d’ajouter des espaces verts utilisables, des aires de jeux, des espaces pour les sports et les événements, des boutiques et des restaurants, et de restaurer des bâtiments patrimoniaux précieux.

Les aménagements commerciaux et résidentiels ont généré des revenus qui ont permis de débloquer des investissements en vue de rénover le stade, rappelez-vous des défaillances du béton des tribunes du côté sud…

Quand le parc Lansdowne a finalement rouvert, il y avait beaucoup d’espoir et d’enthousiasme et la fréquentation était grande. Selon le rapport du personnel, depuis son ouverture il y a six ans, le parc a reçu plus de 20 millions de visiteurs. 

Mais le parc Lansdowne ne produit pas les revenus initialement prévus en raison des coûts surélevés pour réinvestir dans le stade, le stationnement et le traitement de surface.

Le partenariat que la Ville a conclu avec l’OSEG, le Plan de partenariat du parc Lansdowne, établissait la manière dont les deux parties travaillent ensemble en deux accords distincts.

Le point principal est que la Ville garde la propriété du terrain, loue les installations et le terrain à l’OSEG. (Ceci ne comprend pas le parc, les espaces du bâtiment de l’horticulture ni du pavillon Aberdeen)

Personne n’aurait pu prédire une pandémie mondiale.

Voici où nous en sommes maintenant. La COVID-19 touche tous les résidents et toutes les entreprises de la Ville. La pandémie a eu des conséquences directes pour tous.  

Lansdowne, en tant qu’installation d’événements sportifs, n’a pas vu un seul événement dans ses murs depuis mars.

Pour ce type d’entente, les effets sont désastreux.

Alors, que fait-on maintenant? Il serait insensé pour le Conseil de ne pas permettre d’extraire un petit montant de fonds propres de la structure financière très complexe afin d’en assurer sa survie. Nous parlons de 4,7 M$ – comme le font des propriétaires fonciers lorsqu’ils envisagent un prêt hypothécaire à titre de levier.

Ce montant et la souplesse financière assurent un filet de sécurité pendant cette période des plus difficiles.

Cette décision protège la Ville – qui, si elle ne permet pas à cette proposition d’aller plus loin, pourrait se retrouver à payer la note.

Le montant de fonds propres permettrait d’absorber les coûts de la période actuelle tout en sécurisant des emplois et la viabilité de l’une des toutes dernières attractions florissantes de la Ville.

AVANT LA COVID-19 : perte d’argent

La proposition actuelle est sensée. Quelle autre option la Ville a-t-elle pour se protéger? Cependant, je crois que nous sommes en présence d’une préoccupation plus importante.

En fait, quel élément de la viabilité financière de l’entente était en danger avant la COVID-19? 

Le côté privé, l’OSEG a dépensé plus d’argent que prévu pour rénover les installations et pour l’élargissement de l’expérience au parc Lansdowne, pour un total de 152 M$ – 97 M$ de plus que prévu en 2012. 

Je ne connais pas beaucoup d’entreprises qui restent viables longtemps si elles n’ont pas de bonnes perspectives financières : l’OSEG perd de l’argent depuis le commencement de ses opérations en 2015. Ses perspectives financières commençaient à devenir favorables et le plan prévoyait de sortir du déficit d’exploitation en 2022.

La Ville pourrait-elle morceler la propriété du parc Lansdowne afin de protéger l’intérêt public et assurer des investissements durables en libérant le stade et l’aréna tout en préservant les bâtiments patrimoniaux et le parc? Je le crois.

Si vous voyez cette situation simplement en noir ou blanc, je crois que vous passez à côté de la question structurelle essentielle que le Conseil municipal doit examiner à ce moment-ci :

Quels éléments du parc Lansdowne sont d’intérêt public?

Laissez-moi prendre un risque et tenter de définir quels sont les éléments qui ont de la valeur :

  • Le parc (pelouses, basketball, structures de jeux, bacs de jardinage et espaces publics) et les deux bâtiments publics (Horticulture et Aberdeen) 
  • Les éléments qui font partie de l’entente et qui devraient être laissés au secteur privé sont les bâtiments commerciaux et résidentiels et le stade (y compris l’aréna)

Supposons que la Ville allait négocier une vente du stade et de la patinoire à l’OSEG. Dans ce cas, le coût de cycle de vie de l’entente et la souplesse pour le partenaire privé de restructurer son modèle d’affaires auraient pu devenir intéressants.

La plus grande question est de savoir si une ville doit être dans le domaine du sport. La réponse est probablement non.

La ville devrait cesser de se contenter de garder des installations réservées uniquement au sport professionnel.

La réponse est donc évidente : le Conseil doit trouver une nouvelle approche sur la relation entre le stade, l’aréna et notre intérêt public. Ultimement, il s’agit de maintenir en vie le sport et l’accès à la communauté, tout en assurant le renouvellement de l’actif lui-même. 

Il est important de souligner que OSEG n’a pris aucun engagement pour maintenir les équipes sportives au-delà de 2021. Dans le cadre de toute considération, nous devons nous assurer que OSEG confirme son intention de poursuivre les sports au-delà de 2021. 

La Ville doit cesser d’être dans des activités de maintien d’installations pour les sports professionnels uniquement.

Nombre de détails devront être négociés. Maintenant plus que jamais, nous avons besoin de créer une entente qui offre la protection de l’investissement public et des espaces de la Ville, tout en permettant à l’OSEG de reconcevoir son plan d’affaires afin d’assurer une viabilité à long terme du stade, de l’aréna, des espaces résidentiels et commerciaux. Je crois que la création d’un groupe de travail composé de leaders et d’experts pourrait permettre d’y arriver. 

Maintenant, entamons la conversation, qui détient la propriété du stationnement souterrain?

Le partenariat public-privé (PPP) ne fonctionne pas pour l’entité privée dans le cadre de l’entente; la prolongation du contrat ne fera que laisser partir l’aréna et le stade de la Ville en fin de vie (cycle de vie), ce qui remet les compteurs à zéro et réactive les problèmes que nous avions en 2010. Pourquoi l’OSEG ferait davantage d’investissements en immobilisations dans l’aréna et le stade sans garanties prolongées dans la situation de difficultés financières actuelle. Quand la Ville n’avait pas des millions à sa disposition pour investir dans le stade, l’OSEG s’est présenté.

En fin de compte, je crois, que pour faire avancer sérieusement cette question, la Ville doit d’abord et avant tout protéger les installations publiques. Elle doit également rééquiper et repenser la meilleure manière d’assurer les réinvestissements dans le stade et l’aréna en libérant l’aréna et le stade à l’OSEG, plutôt qu’en vendant la totalité.

Je crois que nous pouvons réinitialiser le parcours et apporter ce qui a été longtemps promis et perdu en cours de route, soit la viabilité de Lansdowne. Suivre la stratégie de PPP nous laissera seulement face à des investissements publics onéreux ou à un abandon de l’entente. Nous n’en sommes pas aux gestes désespérés, un petit coup de théâtre peut nous permettre maintenant d’assurer que nous pouvons être concurrentiels et offrir aux résidents d’Ottawa du divertissement pour tous au parc Lansdowne.

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