Soumission au conseil d’administration de la CCN à la réunion du 20 janvier 2022: Plan intégré à long terme des passages interprovinciaux de la CCN pour la région de la capitale du Canada

Par la présente, je souhaite faire part au conseil d’administration de la Commission de la capitale nationale (CCN) des inquiétudes des résidents de mon quartier, et à mon avis, de l’ensemble d’Ottawa, en lien avec le Plan intégré à long terme sur les liens interprovinciaux de la CCN pour la région de la capitale nationale du Canada.

Le rapport actuel n’est plus d’actualité, comme il s’appuie sur d’anciennes données de déplacement des camions et des véhicules (2007 et 2011, respectivement) et ne tient pas compte de plusieurs éléments connus à propos des liens existants (notamment les réparations pendant le cycle de vie et les effets du passage du tramway de la STO). La modification de l’utilisation d’un pont Alexandra restauré et la possibilité d’une boucle de transport en commun Ottawa-Gatineau devraient également être évaluées dans toute analyse des besoins. 

Nous avons cinq liens interprovinciaux, et la pression exercée sur eux était au centre des discussions en 2012, soit la dernière fois où la CCN a été chargée de déterminer la localisation d’un sixième lien.

Or, le projet de bâtir un nouveau pont a été abandonné en juin 2013, comme il l’avait déjà été dans le passé. L’étude ne rendait pas compte des besoins, des occasions, des mesures d’atténuation, des options de construction, des préoccupations environnementales, de la perte d’espaces verts, de l’atténuation du bruit et d’autres risques pour la région de la capitale nationale. Tous reconnaissaient toutefois les problèmes localisés et importants causés par le passage de camions lourds dans les rues du centre-ville d’Ottawa.

Au fil des ans, j’ai été témoin des conséquences associées au passage très fréquent en plein cœur de la ville de camions de transport de bois et de marchandises, dont certains transportent des matières dangereuses, et des dangers réels pour la sécurité qu’ils représentent. 

Les gros camions interprovinciaux ne devraient pas passer par le centre-ville d’Ottawa et les quartiers résidentiels à partir de la route 105 ou de l’autoroute 50 au Québec pour se rendre sur une autoroute de la série 400 en Ontario. 

Au Québec, il existe des liaisons pour rejoindre les voies 105 et 50, mais en Ontario, la situation est toujours problématique. Le ministère des Transports de l’Ontario n’a jamais respecté son mandat de relier les autoroutes de la série 400 à des liens interprovinciaux à Ottawa et dans la région de l’Est de l’Ontario.

Je crois que le conseil d’administration de la CCN pourrait aider à remédier à la situation.

Comme cette étude le montre, il n’y a pas qu’un seul aspect de la circulation qui doit être réévalué. Néanmoins, le problème de la circulation des camions qui nuit à la sécurité et à la qualité de vie des résidents de la Basse-Ville et de la Côte-de-Sable doit être réglé une fois pour toutes. Les études et les plans doivent envisager l’interdiction des camions dans les corridors existants si le projet d’un sixième lien voit le jour. Par ailleurs, un passage supplémentaire pourrait être évité si les camions qui traversent le pont Macdonald-Cartier pouvaient accéder à l’autoroute 417 par un tunnel.

La situation ne date pas d’hier, et il y a beaucoup de déception, d’épuisement et de perte de confiance de la collectivité par rapport à ces problèmes sérieux. 

Il n’est pas suffisant de dire oui ou non à un sixième lien, qu’il s’agisse d’un pont ou d’un tunnel : toutes les options d’aménagement qui touchent l’ensemble des liens devraient être envisagées avant qu’une solution soit présentée aux résidents. 

Heureusement, j’ai constaté que les nouvelles stratégies comportent des solutions à court terme, y compris l’analyse des options de circulation des camions interprovinciaux. 

Les passages pour piétons et cyclistes doivent aussi être au cœur des priorités, et des vérifications de sécurité devraient être faites dès maintenant et au fil du temps pour définir les besoins avec plus de précision d’ici 2050. 

De plus, la réduction de la circulation des camions dans le centre-ville d’Ottawa doit s’accélérer dans les cinq prochaines années, au plus tard.

Le plan décrit comment la pandémie et le télétravail en 2020 ont modifié les habitudes de déplacement entre Gatineau et Ottawa; toutefois, je tiens à souligner que ces changements n’ont eu aucune incidence sur l’enjeu le plus pressant : le fort volume de camions. Ce type de circulation – comme le plan l’indique – augmentera. Et les conséquences désastreuses associées au passage de camions interprovinciaux au centre-ville persisteront, et auront une incidence sur la sécurité, le bruit, la pollution, l’économie (les biens) et le développement économique du secteur de la rue Rideau. Si les communautés locales sont les plus touchées, ces préoccupations concernent tous les résidents d’Ottawa.

Plus précisément, à l’égard de cette étude, je souhaiterais que les objectifs du plan comportent les éléments suivants : 

  1. Interdire les camions au centre-ville.    
     
    À l’heure actuelle, l’objectif est d’évaluer les solutions possibles – il est temps d’arriver à une solution définitive et de cesser les études sans fin. 
      
  2. Créer un groupe de travail composé de membres du personnel des villes d’Ottawa et de Gatineau, du gouvernement fédéral, des deux gouvernements provinciaux et de représentants de la communauté, et réaliser une analyse des risques, des occasions, des besoins et des défis à chaque palier de gouvernement. 


En ce qui a trait aux besoins de la Ville d’Ottawa, il faut établir des solutions qui ne déplacent pas le problème vers un autre quartier, mais plutôt qui résolvent le problème de la circulation de camions lourds dans la rue Rideau et sur l’avenue King Edward. 

  1. Tenir compte de données récentes sur les lieux de départ et d’arrivée, des effets de la pandémie sur les déplacements, des objectifs liés aux changements climatiques dans la région de la capitale nationale, et des conséquences actuelles du cycle de vie des ponts interprovinciaux sur les déplacements. 
     
    Je demande que la CCN aligne son plan sur les plus récents objectifs de la Ville d’Ottawa, soit sur le nouveau Plan officiel de la Ville, le Plan directeur des transports (en cours de révision) et son Plan directeur sur les changements climatiques.    
     
    Fait important : l’étude actuelle indique qu’un nouveau lien dévierait tout au plus 15 % de la circulation de camions lourds. Ainsi, à première vue, la construction d’un nouveau lien pour résoudre le problème de circulation dans le centre-ville ne serait pas pertinente. Par ailleurs, ces 15 % de camions qui seraient déviés si un sixième lien était construit ne tiennent pas compte de la capacité de la Ville d’Ottawa à interdire le passage des camions dans les corridors existants pour assurer la conformité aux exigences du Code de la route de l’Ontario. 
      
     
    En ne tenant pas compte des défis, de la croissance et des aspirations de la ville d’Ottawa, on minimise l’importance de la mise en place d’une solution durable.    
     
    Il est déraisonnable et contre-productif de proposer un sixième lien qui aurait des conséquences négatives sur les quartiers d’Ottawa ou sur l’environnement. Il pourrait être possible de préserver ou d’améliorer les espaces verts tout en limitant le bruit, si les concepteurs ont la latitude nécessaire pour innover.    

     
    Nous devons trouver une façon d’éliminer les camions du centre-ville, de soutenir le commerce interprovincial et de faciliter les déplacements des résidents d’Ottawa et de Gatineau, qui nous rendra fiers de vivre dans la capitale nationale du Canada. 

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